Un nouveau printemps

Les temps difficiles que nous traversons nous font chercher « ailleurs » des solutions à l’escalade de la violence et de la haine, souvent encouragées par des idéologies extrémistes ou fondamentalistes de tous bords, ici comme en de nombreux coins du monde. Certains fuient dans la nostalgie. Je ne cacherai pas mon espérance de voir cet « ailleurs » germer dans la jeune génération, et des signes sont déjà là de ce renouveau qui lève.

Un petit groupe de jeunes chrétiens rencontrés ce week-end me faisait la remarque : ils sont nés au sein d’une génération sans Dieu ni religion et ils côtoient au quotidien des jeunes qui, si on prend le temps de les écouter, savent exprimer une vrai soif de « quelque chose » qui leur donne des raisons de vivre. Et ces jeunes me disaient que ce qui passe le mieux, ce ne sont pas les belles idées, ce n’est pas la défense de « valeurs » qui les touchent, mais les témoins joyeux dont les paroles de foi sont confirmées dans les actes. Dans cette génération, on n’est résolument plus chrétiens « pour être comme tout le monde ».

Ce qui fait que nous sommes chrétiens c’est, à la racine, l’expérience de la rencontre intime avec Quelqu’un, et non le seul fait d’être baptisé ou de défendre des valeurs présupposées « chrétiennes ». On peut en effet se demander si un certain nombre de catholiques, parfois engagés et souvent généreux, ne sont pas des « athées pieux », selon une expression que j’emprunte à Monseigneur Daucourt (janvier 2013). Le pape François ne cesse d’appeler à, pour le moins, « prendre la décision de se laisser rencontrer par le Christ, de le chercher chaque jour sans cesse » (La Joie de l’Evangile N°42).

Les jeunes seront (et ils sont déjà) nos évangélisateurs, à cet égard. Je vous encourage à prendre quelques minutes pour aller regarder sur « YouTube » le témoignage bouleversant de « Myriam, la petite irakienne ». Elle incarne cette promesse de Jésus : « Le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent » (Mt 19, 14).

Myriam a 10 ans. Elle est chrétienne et a été chassée de Qaraqosh avec toute sa famille par les djihadistes de l’État Islamique. Interviewée au sein du camp où ils sont réfugiés, elle révèle une maturité humaine et spirituelle incroyable. Alors qu’elle est une survivante de massacres en masse, elle dit de ses bourreaux : « je ne leur veux aucun mal. Je souhaite simplement que Dieu leur pardonne. Et moi aussi je leur pardonne. Je suis juste triste qu’ils nous aient chassés de notre maison. Pourquoi ont-ils fait cela ? »

La foi rayonne sur son visage d’enfant : « Ce qui compte, c’est ce que Dieu veut, parce qu’il est bon pour nous. Je ne lui en veux pas d’avoir quitté Qaraqosh (sa ville natale). Je le remercie d’avoir pris soin de nous. Même si nous souffrons, il prend soin de nous. » Puis elle ajoute : « Si on croit vraiment, il ne nous abandonnera pas ». (Cf. YouTube : Myriam, l’irakienne (https://youtu.be/GHD399SO1Fo).

Prenons le temps de les écouter : les jeunes portent en eux une espérance capable de réveiller la nôtre, si elle est endormie !

Rémy Crochu