Saintement pris aux tripes !

« Ma Miséricorde, que vont devenir les pécheurs ? » Ce cri de Saint Dominique (1175 – 1221) s’adressant à Dieu dans une prière brûlante, déterminera la totalité de sa vie et de son engagement. C’est la contemplation de l’amour infini manifesté par Jésus dans sa Passion et son offrande sur la croix qui lui fera regarder les hommes de son temps avec des yeux nouveaux, remplis de tendresse et de compassion. La Miséricorde constituera le cœur de la prédication de Saint Dominique.

En décrétant un « jubilée de la Miséricorde », le pape François veut conduire l’Eglise à revenir à la source de l’amour de Dieu pour les hommes pour qu’elle en soit à son tour le témoin. Il n’a échappé à personne que le Saint Père est une incarnation exemplaire de ce qu’est la miséricorde divine, du « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Exode 14, 6). Il apparaît, par son visage, par ses paroles et par ses actes, comme un modèle de  bienveillance, de douceur, de compassion.

« La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre » (pape François). C’est l’amour de Dieu en actes. Et quelles sont les œuvres de l’amour ? Nourrir ceux qui ont faim, soigner les malades, secourir les sans-abri, accueillir les étrangers, visiter les prisonniers, accompagner ceux qui vont mourir, consoler ceux qui souffrent, inviter les pécheurs au repentir, porter les frères dans la prière… La liste n’est pas exhaustive mais elle dit cette bienveillance de Dieu qu’il nous demande d’avoir les uns pour les autres, dans le Christ.

Qui d’autre que le Christ a incarné ces « œuvres de miséricorde » ? Cependant, chacun de nous peut — et doit même — se laisser remplir de cette miséricorde qui lui fait ressentir au plus profond le cri de douleur de Saint Dominique devant la misère des hommes et sa propre misère. Miséricorde : littéralement, « un cœur qui se penche sur la misère (des hommes) ». Dans la langue de Jésus, le mot est encore plus fort : le « sein maternel », ou encore « ce qui nous prend aux tripes » !

Dis-moi : qu’est-ce qui te prend saintement aux tripes ? Qu’est-ce qui te saisit au plus intime et te pousse à aimer, à te donner ? Tu unis ainsi le petit « m » de ta miséricorde au grand « M » de celle de Dieu. « Heureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde » (Mt 5, 7).

  1. Rémy