Profession de foi 2014 – Vallet

La France gagnera la coupe du monde de Football à Rio ! La France gagnera ! Vous ne me croyez pas ? Juste une question de foi ! Je ne vous demande pas grand chose : je vous demande seulement d’avoir foi en moi ! Cela dit, je vois bien à vos regards que vous avez des doutes et que vous vous dites : qu’est-ce qu’il peut bien en savoir ?!

Petits amis qui allez faire votre profession de foi, la véritable question qui est posée ce matin est de savoir si vous avez raison de mettre votre foi en Celui que vous vous apprêtez de confesser. Je crois ! Je crois en Dieu, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Saint Paul dira quelque part : « Je sais en qui j’ai mis ma foi ! » (2 Tm 1, 12). Et toi qui es là devant moi, sais-tu vraiment en qui tu as mis ta foi ?

N’allez pas imaginer que la foi soit quelque chose d’évident pour certains ! On ne croit pas dans une évidence : celle-ci s’impose ! Ainsi il est évident que vous êtes là, il est évident que je vous parle… un peu moins que vous m’écoutiez !

La foi, c’est tout autre chose ! La foi, pour nous chrétiens, consiste à mettre toute sa confiance dans une Réalité vivante qui nous demeure invisible et que nous croyons cependant présente à nous, capable de nous parler, de nous aimer, de nous porter, de nous transformer, de unir à elle. Et cette « Réalité vivante », nous l’appelons « Dieu Père, Fils et Esprit-Saint ».

Je laisse ici le pape François nous lancer un appel, à vous, chers jeunes, et aussi à tous ceux qui vous entourent aujourd’hui : « J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. » Et le pape justifie cet appel en affirmant : « personne n’est exclus de la joie que nous apporte le Seigneur. »

Mais comment pourrions-nous croire en Dieu, faire cette rencontre avec le Christ, si ceux qui nous proposent d’y croire n’étaient pas dignes de confiance ? Comment pourrions-nous croire dans l’amour pour nous d’un Dieu invisible, si ceux qui nous invitent à croire en lui, — et que nous voyons ! — ne nous donnaient pas les preuves concrètes de leur amour pour nous ?

C’est en effet dans les bras d’un père ou d’une mère qu’on apprend à faire confiance, à croire qu’on est aimé, à croire qu’on est aimable ! Chers parents qui êtes ici, c’est vous qui, à travers vos gestes concret d’amour envers vos enfants, leur apprenez à mettre en Dieu leur confiance. Ils ont besoin de vous, ils ont besoin de votre amour. Ils ont besoin de vous entendre leur dire : j’ai confiance en toi ! Je t’aime et jamais mon amour pour toi ne te fera défaut, quoi qu’il arrive !

De la même manière, vous tous, chers éducateurs et témoins dans la foi qui avez accompagné ces jeunes ces dernières années, votre responsabilité est grande. Ces jeunes on certes besoin que vous leur parliez de Dieu avec conviction. Mais qu’est-ce qu’aurait été ce témoignage si vous ne leur aviez pas montré en même temps que vous croyiez en eux, si vous ne leur aviez pas témoigné de beaucoup d’amour ?

Et alors, c’est une réponse d’amour que vous avez suscité en eux. Réponse d’amour de ces jeunes à l’amour premier de Dieu : « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, disait Jésus dans l’Evangile entendu il y a quelques instants ; moi aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Il ne faut cependant pas se faire d’illusions : jamais personne n’a donné la foi à personne. Il m’est arrivé de rencontrer parfois des parents qui m’ont dit : « je demande pardon à Dieu de ne mas avoir transmis la foi à mes enfants ». Leur erreur ? S’imaginer que la foi se transmet comme on se transmet un virus !

La foi ne se transmet pas, chers amis ! Elle est un don de Dieu ! Dieu n’a pas besoin de « transmetteurs » mais de témoins ! Il a besoin d’hommes et de femmes qui, par leurs paroles, leurs actes, leur art de vivre, suscitent dans le cœur de ceux qui les voient et les entendent, ce désir puissant : comme j’aimerait avoir la même foi que lui, qu’elle ! Comme j’aimerais connaître le secret de son bonheur !

Dans la page d’évangile entendu à l’instant, Jésus fait une promesse : le don de son Esprit d’amour : « Moi, je prierai le Père ­— dit-il ­— et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité ». Moi aussi, je prie le Père pour vous, chers jeunes : qu’il vous donne la joie de croire toujours plus en lui, de l’aimer !

Père Rémy Crochu