L’épreuve de la foi

Le temps de Carême n’a de sens pour nous, chrétiens, que tendu vers Pâques. Sans cet horizon, n’ont plus de sens spirituel ni le jeûne, ni l’aumône, ni même la prière. Saint Paul affirme dans sa 1ère lettre aux chrétiens de Corinthe : «  Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi (…). Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés (…). Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes » (1 Co 15.14-19).

Le chrétien trouve le sens de sa vie en regardant au but, comme la cordée garde courage en voyant approcher le sommet.

Seulement, ce n’est que dans la foi que nous apercevons le sommet. Il n’est pas « en vue ». Du moins ne le voit-on qu’à travers les Ecritures et les promesses du Christ : « Je pars vous préparer une place. Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi. Et là où je suis vous y serez vous aussi » (Jn 14, 3).

De ce « point de vue », célébrer Pâques n’est pas seulement fêter la victoire de la Résurrection du Seigneur mais aussi célébrer la victoire de notre foi sur le doute. En attendant le jour où nous n’aurons plus besoin de la foi puisque nous verrons enfin ce que nous aurons cru sans le voir.

Notre vie présente consiste essentiellement à déchiffrer, dans l’Esprit-Saint, les signes de l’Invisible que le Seigneur met sur notre route pour tendre vers le sommet et ne pas renoncer.

Des signes ? Ils sont bien plus nombreux que nous le pensons souvent ! Un encouragement bienvenu, une parole qui fait « tilt », un projet qui se réalise, une joie inattendue expérimentée au cœur même de l’épreuve… Une sorte de principe de renaissance qui est déjà inscrit en nous.

Pâques est à l’œuvre en nous. Ne gardons pas cette bonne nouvelle pour nous seul !

Père Rémy Crochu
26 février 2013