L’église n’a pas vocation à être un club fermé

Ils sont finis les temps de la Passion, marchons dans les pas du ressuscité…     Ce sont les mots que prononce le prêtre lors de la bénédiction de la veillée pascale et du jour de Pâques. Et j’aimerais y rajouter : « …Il nous précède en Galilée. » Comme il serait bon que chacun de nous puisse s’approprier cette invitation !

Les dimanches de Pâques nous proposent comme textes d ‘évangile dans la liturgie :

Thomas ! Lui qui a osé sortir et sûrement voir et entendre ce que l’on disait de ce Jésus, de sa mort, de sa résurrection, de ce qu’il allait advenir à la suite de tous ses évènements et comment ils étaient perçus.

Puis cette grillade sur la plage au bord du lac de Tibériade à l’initiative de Jésus. Confiance des pêcheurs sur l’invitation de Jésus à jeter leurs filets. Formidable triple profession de foi de Pierre comme en écho à ses trois reniements et envoi en mission

Nous entendons ensuite ce passage du bon berger attentif à chacune de ses brebis sans oublier ce commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

Autant d’appels qui nous renvoient vers les autres. Aujourd’hui de nombreux chrétiens sont investis dans la vie publique, associative, caritative. Ils y sont engagés à cause de leur foi qui les pousse au soucis de l’autre. L’expression ostentatoire de notre foi n’a plus sa place dans notre société laïque, la matérialité des signes religieux est plutôt perçue comme une agression. Il nous faut donc réfléchir à proposer de nouvelles manières d’aborder la proposition de la foi autour de nous. Et si la religion catholique n ‘est plus partagée par bon nombre de nos contemporains, alors comment vivre cette cohabitation entre croyants et non-croyants ?

L’invitation à évangéliser du Pape François garde toute sa pertinence mais s’adapter aux réalités actuelles devient inévitable. Le repli identitaire, nos petits groupes où l’on se sent bien au chaud entre nous n’est pas la solution : Regardons Jésus, son attitude, sa patience, cette faculté à sortir et à aller vers les autres, vers ceux qui ne le connaissait pas, est une invitation pour nous.

Ceux qui « ne croient pas » sont riches aussi de pleins de choses : valeurs humaines démarches altruistes engagements gratuits qui forcent le respect…Osons la rencontre, n’ayons pas peur d’affronter le monde et de nous remettre en cause. La foi est un chemin, un beau chemin à emprunter pour grandir… D’autres suivent d’autres chemins, à nous de les rejoindre…

Le projet pastoral qui nous a été présenté récemment ouvre de nombreux chantiers dans ce sens, si on le lit non pas comme on voudrait l’entendre mais bien en se laissant interpeller par ces propositions.

L’église n’a pas vocation à être un club fermé mais à témoigner de l’amour de Dieu pour chacun quel qu’il soit !

Pierre-Yves CAILLAUD