Le grand plongeon !

Petite confidence personnelle : j’ai des origines grecques ! Etant enfant, j’ai entendu l’étrange musique de cette langue sans deviner qu’elle était proche de celle des Evangiles. Pour évoquer ses petits enfants qui partaient se baigner à la plage de Saint Brévin, ma grand-mère employait pour le dire le mot « baptême » ! Les quelques gouttes que l’officiant verse sur la tête d’un enfant peinent à rendre compte de la chose, avouons-le !

Le Baptême — on devrait jamais le séparer de la Confirmation et de l’Eucharistie — nous « plonge dans le Christ » comme on plonge dans la mer ! Et plonger, ça s’apprend ! Le vieux Tertullien l’affirmait déjà : « on ne nait pas chrétien, mais on le devient ». Il nous greffe sur le Christ mort et ressuscité dont nous buvons la sève de l’Esprit. « Une personne baptisée ou une personne non baptisée, ce n’est pas la même chose. » Ce n’est pas moi qui le dis, mais le pape François dans l’une de ses récentes Catéchèses hebdomadaires. « Avec le baptême, nous sommes plongés dans cette source intarissable de vie qui est la mort de Jésus, le plus grand acte d’amour de toute l’histoire. »

Nous pensons que ce baptême est un souvenir du passé, une date lointaine à laquelle nous ne tenons pas vraiment (Qui d’entre nous connaît sa date de baptême ?).

Mais c’est le baptême qui nous tient ! Qui nous maintient dans la vie avec Dieu, dans la vie en Eglise. Qui nous soutient dans la foi, l’amour et l’espérance. Qui nous retient devant le mal et nous pousse à la conversion. « C’est grâce au baptême que nous sommes capables de pardonner et d’aimer aussi ceux qui nous offensent et nous font du mal ; que nous réussissons à reconnaître chez les derniers et chez les pauvres la face du Seigneur qui nous rend visite et se fait proche. Le baptême nous aide à reconnaître sur le visage des personnes dans le besoin, chez ceux qui souffrent ou dans notre prochain, le visage de Jésus. »

Père Rémy Crochu
12 février 2014