L’Avent dure !

La paroisse, qui entre avec toute l’Eglise dans le temps de l’Avent, se prépare à la fête de Noël. L’avent, c’est un temps d’attente à la fois joyeuse et douloureuse. Joyeuse, car nous avons cette espérance que « Celui qui doit venir » est aussi celui qui, depuis sa venue dans ce monde et désormais par son Esprit, est déjà présent au cœur de notre humanité en marche vers son éternité. Douloureuse aussi, car longue est notre attente du jour où tout sera enfin récapitulé en lui, enfin accompli.

Comme elle est longue cette attente ! L’Avent dure ! Sans doute faut-il y voir comme un temps de sursis pour un monde qui tarde à trouver ses chemins d’humanité.

Le pape François est, à l’heure où j’écris ces lignes, au Parlement Européens pour y inviter nos institutions à un sursaut pour construire une Europe « qui tourne, non pas autour de l’économie, mais autour de la sacralité de la personne humaine, des valeurs inaliénables ». « Je suis convaincu qu’une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d’aujourd’hui, et aussi contre le grand vide d’idées auquel nous assistons en Occident ».

De là à un autre voyage vers la Turquie, il n’y a qu’un pas ! Nous sentons bien que ce pape là a de grandes ambitions pour l’Europe et son rayonnement dans le reste du monde, plaidant contre une Europe « repliée sur elle-même » et qui donne tristement aujourd’hui le témoignage d’une Communauté qui fait de la Méditerranée « un grand cimetière », dans son incapacité à affronter la question migratoire.

Je veux entendre ce discours encourageant pour chacun de nous, appelés que nous sommes par l’évangile, à mettre la question de la dignité de la personne humaine au cœur de nos préoccupations quotidiennes : dans notre famille, dans notre entourage, dans nos relations professionnelle ou paroissiales, dans nos pensées et nos paroles.

Plus que jamais, nous devons faire face à l’aventure humaine ! L’Avent dure : il n’y a pas de temps à perdre !

  1. Rémy