L’Avent c’est aussi revoir tout cela

Avons-nous déjà reconnu, à l’intérieur de nous, les deux poids deux mesures que nous usons souvent pour évaluer notre propre conduite et celle des autres ? J’en donne ici quelques illustrations, en laissant à chacun la latitude d’en rajouter d’autres :

Quand l’autre n’achève pas son travail, je me dis qu’il est paresseux ; Quand moi je n’achève pas mon travail, c’est que je suis trop occupé et trop surchargé.
Quand il parle de quelqu’un, c’est de la médisance ; Quand je le fais, c’est de la critique constructive.
Quand il tient à son point de vue, c’est un entêté ; Quand moi je tiens à mon point de vue, c’est de la fermeté.
Quand il prend du temps pour faire quelque chose, c’est un lent ; Quand moi je prends du temps, c’est que je suis soigneux.
Quand il est aimable, c’est qu’il a une idée derrière la tête ; Lorsque moi je le suis, c’est que je suis vertueux.
Quand il est rapide pour faire quelque chose, il est brutal ; Quand moi je suis rapide, je suis une personne habile.
Lorsqu’il fait une chose sans qu’on le lui dise, il se mêle de ce qui ne le regarde pas ; Quand moi je fais quelque chose sans qu’on me le dise, je prends des initiatives.
Quand il défend ses droits, c’est un mauvais esprit ; Quand je défends mes droits, je montre du caractère.
Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors qu’il y a de la poutre dans le tien ! (Cf. Mt 7,3).

Chers frères et sœurs, l’Avent c’est un temps de grâce que le Seigneur nous donne pour revoir ces petites choses que nous négligeons souvent ou que nous pensons qu’elles concernent les autres. Un temps de grâce pour revoir le chemin parcouru et surtout celui sur lequel le Seigneur nous attend encore avec empressement.

Oui, celui que nous attendons est déjà venu ! Nous pouvons même nous permettre de dire qu’en vérité, ce n’est pas nous qui l’attendons, c’est lui qui nous attend sur ce chemin qui va de l’incarnation à la gloire du ciel. Chemin sur lequel il n’est pas seulement notre modèle, mais la voie qui nous porte et qui nous conduit à notre terme.

Préparons-nous donc à accueillir celui qui nous accueille le premier et gardons nos lampes allumées.

Père Antoine DUNIA