L’amour est ambitieux

Dieu veut que nous soyons des saints. Ce n’est pas son ambition pour quelques-uns, quelques champions éternellement exposés au panthéon de notre religion ou sur des colonnes de marbre dans nos églises. C’est son ambition pour tous: «tous saints »!

Dieu, dans son amour pour chacun de nous, est ambitieux :

  • Il ne veut pas que nous soyons seulement honnêtes mais que nous soyons saints.
  • Pas seulement obéissants à des lois, mais attachés à désirer faire sa volonté. – Pas seulement des serviteurs, mais ses amis.
  • Pas seulement des brebis de son troupeau, mais des enfants de sa Famille.
  • Pas seulement des créatures, mais, dans le Christ, des fils et des filles.

Il n’est pas un de nous dans lequel il ne puisse voir un saint en puissance, qui que nous soyons et quoi que nous ayons pu faire à ce jour. Le premier à le suivre dans son Royaume ne fut-il pas un voleur et un assassin crucifié avec lui ? «Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis », lui avait-il dit! Cet exemple suffit pour nous faire comprendre ce que n’est pas et n’a jamais été « la sainteté » :

  • Pas un record à battre, avec salle de musculation et accumulation de bons résultats;
  • Pas le dégoût de ce que nous sommes, notre intelligence, nos talents, notre beauté ;
  • Pas l’ambition d’être parfaits, immaculés, nostalgie du bon carnet de notes rapporté à la maison;
  • Pas une montée interminable et pénible où ce qui compterait ne serait pas tantle but que la route elle-même.

Mais la sainteté n’est pas non plus:

  • Une fatalité à laquelle nous aurions heureusement échappé;
  • Pas un horizon qui s’éloignerait sans cesse, justifiant nos découragements et notre tiédeur dans les efforts de conversion;
  • Pas une prédestination que certains auraient bue dans leurs premiers biberons;
  • Pas un caprice de Dieu qui aurait «ses têtes » et pas d’autres;
  • Pas un statut réservé à une catégorie de personnes: les consacrés, les moines, les retirés du monde.

Le saint est en définitive celui qui, conscient de sa faiblesse, cherche à s’attacher à la personne du Christ, à vivre au plus près de lui. Il reconnaît en effet en Jésus celui qui ne le repousse pas et qui, bien au contraire, lui apprend à aimer, à marcher, à voir, à servir, à se donner. C’est ce que Jésus a fait avec les douze : pourquoi ne le ferait-il pas aussi avec chacun de nous ? Rappelezvous: il est ambitieux !

P. Rémy CROCHU