La génération Z

Un dîner dans une famille : les enfants (ados et pré-ados) sont là autour du repas auquel les parents  m’ont convié. Un téléphone sonne ; un autre vibre ; des doigts agiles s’animent secrètement sous la table sur un troisième … Je ne réalise rien de la situation jusqu’à ce que le souvenir d’un message à envoyer me fasse dégainer mon propre appareil ! Le plus jeune (environ 12 ans), se tourne vers sa mère et éclate : « Ils sont tous sur leur téléphone : bonjour la conversation ! »

Les générations de jeunes se suivent et ne se ressemblent pas. Après la génération Y des « enfants du millénaire » (nés autour de 1990), les sociologues parlent de la génération Z (ou « la cyber-génération »), celle qui est née avec le début du « World Wide Web » (internet). C’est la génération connectée à tout, partout, et à toute heure ; la génération des « allo, t’es où ? ». Dès qu’un nouveau Smartphone ou une nouvelle tablette numérique sort dans le commerce, c’est la ruée sur les boutiques spécialisées (évidemment, nombre de jeunes font exception). La « révolution silencieuse » de cette génération montante ne fait pas de la contestation son pain quotidien (comme le fit celle de 68) mais dans la recherche des occasions de se sentir en paix (derrière un écran). Non pas forcément pour être rassurée, mais pour pouvoir goûter dès maintenant la seule joie partagée d’être en vie.

De ce point de vue, cette génération, qui est encore moins « religieuse » que les précédentes, (moins attachée aux cadres, aux formes), est davantage « spirituelle », sensible aux moyens et aux idées capables de l’inspirer, de nourrir sa soif de vivre. Et lorsqu’elle tisse ses super-réseaux « d’amis » sur Facebook, ce n’est pas forcément parce qu’elle est plus narcissique ou plus égocentrique que les générations précédentes (ce que pensent leurs aînés), mais d’abord parce qu’elle y cherche secrètement une soif respectable de vivre et d’être heureuse. Nous aurions bien tort de ne pas chercher à la comprendre en nous contentant d’exprimer notre légitime agacement.

Ce sont ces jeunes à qui l’Evangile doit pouvoir être présenté comme une vraie « bonne nouvelle » capable de répondre à leurs attentes. Le défi est de taille. De plus en plus de gens en ont compris l’enjeu et il suffit de voir comment, par exemple, la communication est faite autour des JMJ pour en prendre la mesure. Pourquoi douter à priori de sa fécondité ?

Bienvenue à la génération Z !

Rémy CROCHU