J’arrive !

Nous allons être en retard !
– J’arrive !
Voilà un dialogue conjugal classique que j’ai entendu mille fois dans ma famille, et parfois même au moment de partir à la messe ! Je vous laisse deviner quels interlocuteurs, masculin ou féminin, s’interpellent ainsi, pour ne pas m’exposer à une condamnation pour stéréotypes de genre, ou pour sexisme. Sauf s’il était vrai que l’homme est séquentiel, quand la femme est multitâche.
En fait, ce matin, le dialogue n’est pas conjugal, mais c’est la secrétaire paroissiale qui me réclame son éditorial, car les correcteurs doivent passer dès cet après-midi pour relire ce bulletin. Et je n’ai encore pas la moindre idée de sujet, alors que je n’ai plus qu’une heure pour pondre cet édito ! Cela devrait d’ailleurs nous rendre plus  critiques et compréhensifs quand nous lisons le journal : comme moi, les journalistes, mal payés, écrivent sous la pression de l’urgence. Ils n’ont pas le temps de vérifier  leurs sources d’information, encore moins de réfléchir vraiment, et certainement pas de corriger leurs fautes d’orthographe, qui se multiplient dans les gazettes. Heureusement, à la paroisse nous avons des relecteurs… Mais justement, la voilà la fin de mes tourments, le voilà mon sujet : Le Seigneur vient bientôt !
En effet, dès les premiers mots du Nouveau Testament, c’est Jean-Baptiste qui met la pression : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres ! » (Mt 3, 10), jusqu’aux derniers mots de Jean l’Apôtre visionnaire dans l’Apocalypse : « – Oui, je viens sans tarder. – Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20). Le temps liturgique qui s’annonce, bascule de la solennité du Christ-Roi-de-l’univers-et-de-l’histoire vers le 1er-dimanche-de-l’Avent, qui va joyeusement rassembler dans l’église la jeunesse sur le seuil de la nouvelle année liturgique 2018-2019. Le Seigneur vient bientôt au Christ-Roi, tout comme il vient bientôt à l’En-Avent-marche. Il s’approche à la Fin des temps comme il  s’approche à Noël. Le jugement se transforme en salut. Comment alors est-ce que nous nous débrouillons pour hiérarchiser les urgences de notre vie quotidienne fiévreuse, bousculée par les délais dans nos journées qui ne font, quoi qu’on veuille, que 24 heures ? Et dans cet inconfort, et dans toutes ces impatiences, quelle attention avons-nous pour le Seigneur qui vient déjà nous sauver, réellement présent, vivant, apaisant ?

Que chaque seconde qui passe devienne une porte par où entre le Messie.

P. Dominique Redoulez.