Confiance, il t’appelle

Dans sa récente lettre pastorale, notre évêque rappelle que « tous les catholiques sont appelés à s’impliquer dans leur paroisse » ? Comment ne pas me réjouir du nombre de ceux qui, souvent dans une très grande discrétion, rendent un service, acceptent pour un temps une responsabilité, une mission.

Mais, quand il vient à manquer quelqu’un pour compléter les effectifs, j’entends souvent le même refrain : « il suffit de faire une annonce » !

« Ditxs vous bixn qux l’absxncx d’unx sxulx pxrsonnx sxrait sxmblablx à un clavixr d’ordinatxur avxc unx lxttrx xn moins. Xvidxmmxnt, on pxut pallixr cx contrx-txmps : voyxz lx rxsultat ! »

La remarque vaut en Eglise. Notre évêque explique2 que « beaucoup ne demandent pas de prêtres au sens où l’entend l’Eglise. Ils demandent des personnes qui remplissent le rite religieux ». Quelqu’un qui sollicitait un service liturgique m’a récemment dit : « si vous n’êtes pas libre, on connaît un prêtre à Nantes qui pourrait vous remplacer » ! Mais quelle idée se fait-on d’un prêtre ? S’il est seulement défini par « ce qu’il fait » et « a droit de faire », on peut tout craindre de la mission remplie par les diacres, ou par les laïcs, en Eglise. Tu sais lire ? Fais donc la lecture. Tu aimes les enfants ? Fais donc du catéchisme. Tu sais utiliser un missel ? Célèbre donc la messe !…

Une paroisse n’est pas un vivier de compétences (sans en nier pour autant l’importance) mais une communauté de personnes qui ont été appelées, et pour un temps, à une mission au service de la communauté. C’est parce qu’ils ont répondu à un appel que le père Antoine DUNIA quitte la paroisse et que le père Dominique REDOULEZ concentre le champ de sa mission sur notre seule paroisse.  De même pour Annie BRIN (LEME) à qui succédera Martine ZAROTIADÈS en septembre. C’est parce que ses membres répondent à un appel que l’ EAP se renouvelle pour servir la paroisse. C’est parce qu’ils répondent à un appel que des personnes aident à la préparation au baptême, au mariage… Combien de personnes voudraient qu’on les appelle sans s’interroger vraiment : au nom d’un savoir-faire ? Ou pour répondre au désir du Christ : « c’est de toi que mon Eglise a besoin » ?

P. Rémy

« Une audace nouvelle pour annoncer la Parole » (Nov. 2014), p. 16.