Arahaba tratry ny taona 2016 !

J’espère que les non « malgachophones » ont compris que le titre se rapporte au nouvel an. Oui, c’est la phrase que l’on dit à Madagascar pour se souhaiter « Bonne Année ». Littéralement, cela veut dire «Je suis heureux que vous ayez attrapé l’année nouvelle » ou encore « Félicitations d’être toujours là pour cette nouvelle année ». C’est l’expression d’une joie collective que nous aimons à Madagascar nous dire en famille, entre amis mais aussi aux gens que l’on rencontre dans la rue, personnes connues ou pas.

En effet, même si l’on souhaite de tout cœur que les personnes à qui on adresse les mots en français passent une Bonne et Heureuse année nouvelle, on sait bien qu’il risque d’y avoir des soucis de santé, des peines, parfois des deuils ou des ennuis dans son travail, des problèmes dans la famille, sans compter les événements dramatiques, provoqués par les hommes ou la nature,  qui peuvent se passer dans notre pays ou dans le monde, et nous affligent profondément. Cette année que nous venons de traverser en a été fortement marquée.

La formule malgache ne promet pas un bonheur sans faille, promesse difficile à tenir pour les 365 ou 366 jours à venir. Elle sous-entend que l’année qui vient de s’écouler s’est malgré tout passée et que les moments de bonheur ont été plus forts pour amener la personne jusqu’à l’année nouvelle. Mais s’ils ont été plus forts, c’est parce qu’ils ont été vécus intensément, c’est parce qu’il y a eu entraide, partage, gestes d’amitié, attention à la personne seule ou en souffrance, écoute et accueil à celui qui en avait besoin, encouragement… N’est-ce pas cela être miséricordieux comme nous invite à l’être notre pape François ? Avoir un cœur qui compatit avec celui qui pleure, qui rit avec celui qui est dans la joie.

Des signes heureusement se sont manifestés pour aller vers un monde meilleur : Synode sur la famille, COP21… Et plus à notre portée : la mise en place de l’accueil des réfugiés, le témoignage de l’implication des uns ou des autres dans des associations à portée sociale, ou tout simplement auprès de leurs voisins en difficultés… Sachons donc traverser ensemble cette année 2016 qui s’annonce en étant attentif les uns aux autres, en élargissant notre regard sur ceux qui nous environnent, en prenant position pour défendre les plus fragiles, afin qu’à vous tous qui lisez ces lignes je puisse dire l’an prochain : Je suis heureux que vous ayez attrapé la nouvelle année, félicitations d’être toujours là.

Gérard Randriamanantsoa

(diacre permanent)