20 ans de Diaconat

En septembre 1997, en l’église de Vallet, j’étais ordonné diacre permanent parMgr Soubrier en présence de nombreux paroissiens, parents et amis. Je garde un souvenir impérissable de ce grand jour.
Vingt ans d’une belle aventure humaine et spirituelle. Que de visages rencontrés, de joies vécues au moment de la préparation et de la célébration de mariages, baptêmes…Mais aussi de souffrances partagées devant la maladie, la mort, les échecs affectifs…
C’est aussi pour moi un chemin spirituel qui m’a conduit à me nourrir avec joie de la Parole de Dieu par l’approfondissement personnel quand il faut préparer une homélie ou intervenir dans un parcours de formation. Un chemin de prière, moi qui suis plus attiré naturellement par l’action. En m’engageant le jour de mon ordination à participer quotidiennement à la prière de l’Église, c’est une formidable chance qui m’a été offerte de vivre un meilleur équilibre entre action et contemplation.
L’Église emploie l’expression : « Configuré au Christ serviteur ». Par mon ordination, par mon vécu, j’ai approfondi cette dimension. Les paroles de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » m’ont fait passer d’une forme d’obéissance aux engagements pris, à l’attachement à une Personne, le Christ venu pour servir et non pour être servi.

 

Pendant ces 20 années, mon ministère s’est déployé dans les 3 dimensions qui caractérisent le ministère de diacre permanent : les services de la liturgie, de la Parole et de la charité , mais ce dernier volet a le plus coloré mon vécu. Les missions successives qui m’ont été confiées pendant ma période d’activité professionnelle et depuis ma retraite m’ont orienté vers le service du frère: personnes en difficulté d’emploi, demandeurs d’asile, participation au pôle solidarité de Vallet, puis d’Aigrefeuille. Le visage du Christ, j’ai continué à le découvrir dans mes frères et sœurs en situation de précarité. J’ai vécu avec intensité et joie la période « diaconia 2013 » sur la paroisse st Vincent des Vignes et lors du grand rassemblement final de Lourdes. Je m’y suis aussi un peu épuisé et cette situation m’a conduit à m’interroger sur l’inévitable usure liée à la stabilité sur une paroisse et dans une mission. Et c’est en pleine liberté que j’ai proposé à Monseigneur James de bouger.
J’estime avoir eu beaucoup de chance au cours de ces 20 années.

 

Chance car l’ Eglise m’a appelé et ordonné comme j’étais avec quelques atouts, mais aussi des limites. Et cette Eglise ne m’a pas demandé plus que je ne pouvais donner pour préserver mon équilibre personnel, familial et me laisser la disponibilité pour participer à la vie sociale locale.

 

Chance aussi d’avoir été interpellé pour d’autres missions, en particulier à mon passage à la retraite et au moment de mon changement de paroisse. Ces appels m’ont fait réfléchir au sens de l’engagement, de l’obéissance à l’Evêque et ont eu aussi le mérite de me provoquer à me détacher de certains domaines, en particulier la solidarité, m’évitant ainsi le risque d’une usure inconsciente et d’une appropriation qui peut conduire à se fixer une « chasse gardée ».
Chance d’avoir pu collaborer fraternellement avec les curés, prêtres coopérateurs, mes frères diacres et tous les laïcs croisés dans les 2 paroisses.
Chance d’avoir une épouse qui assume au quotidien les exigences liées à l’engagement pris le jour de mon ordination : « Oui, j’accepte que mon mari soit ordonné diacre permanent ».

 

Je rends grâce à Dieu pour tous ceux qu’Il a mis sur ma route, pour m’inviter à les aimer et à les servir.

Jean-Pierre BIRAUD