Faire Date… Faire Mémoire

Si l’année civile a toute sa pertinence, le rythme de nos vies se réfère plutôt aux saisons. Passé l’été, temps de repos, de relâchement mais aussi temps de rencontres, d’activités différente, voilà que vient le temps de « la rentrée ». Reprise d’un autre rythme, reprise des occupations parfois contraignantes, reprise de nos vies structurées, conditionnées…

Parce qu’il faut bien gagner sa vie, que les enfants aillent à l’école, parce qu’il faut bien reprendre tout cet ensemble de fonctionnement qui gère nos vies. Comme pour se rassurer, enfermés dans nos obligations laissant peu de place à l’imprévu…L’imprévu qui fait peur, que l’on a de la peine à gérer ; l’imprévu qui nous déstabilise et nous pousse souvent dans nos retranchements. L’imprévu qui nous oblige à nous poser des questions que l’on aurait aimé éviter…

Parce que le prévu est beaucoup plus rassurant, et je pense à toutes ces dates fixées à l’avance et qui remplissent nos agendas. Sur le seul registre de la vie en église nous avons noté le baptême du petit dernier, la communion d’un tel, le mariage de jeunes adultes, la profession de foi où la confirmation etc… Autant de dates, comme des repères dans l’année. Parce qu’il est important de « faire date » pour des évènements familiaux, et plus encore pour des célébrations en église. Moments privilégiés où se vivent une expression de foi communautaire autour d’un sacrement et dans la diversité des personnes de l’assemblée. Quelle chance et quelle joie de vivre ces temps forts qui nous portent dans l’expression de notre foi avec tous, proches ou au seuil de la vie en église. Et cela nous savons l’organiser, le faire et le vivre pour que tout un chacun puisse en bénéficier.

Il nous reste le « faire mémoire » !

Une vie de foi est aussi faite de temps ordinaires, de dimanches ordinaires, et je crois beaucoup en la fidélité journalière pour construire de belles choses: dans un couple, en famille, en société, dans la foi. Pour bien vendre quelque chose, il faut créer l’envie, alors posons-nous la question : à travers ma façon de vivre ma foi, donnons nous envie à toutes celles et ceux qui sont venus « faire date » de passer le pas et de nous rejoindre pour « faire mémoire » ? Regardons-nous, n’avons-nous pas des attitudes, des façons de fonctionner à changer pour devenir plus proches de ceux vers qui nous sommes envoyés et ainsi susciter l’envie de venir nous rejoindre. L’enjeu n’est pas dedans mais dehors!

Pierre-Yves CAILLAUD