Sur le chemin de la Justice

Je ne saurais pas faire un cours sur ce concept très complexe. Vous le savez, je ne suis ni Vicaire judiciaire ni Garde des sceaux. Cependant, l’ayant croisé à plusieurs reprises, dans les prières du Bréviaire (surtout en ce Temps de l’Avent), dans les lectures du 1è et 2è dimanche de l’Avent et au centre de l’enseignement de Jean Baptiste (3è dim. de l’Avent), … ce mot a attiré mon attention.

D’une part, c’est Dieu qui nous justifie (par le don du salut), et d’autre part, il fait de nous, en quelque sorte, des « ministres » de sa justice. Ne l’oublions pas, la Justice de Dieu et sa miséricorde ont une même source : l’Amour.

En effet, dans le langage ordinaire, la justice c’est rendre à chacun son dû, c’est respecter la personnalité des autres avec leur caractère propre et leur façon de faire. C’est respecter la liberté et les choix des hommes, des femmes et des enfants ;

Etre juste, c’est être vrai et honnête devant les autres, en paroles et en actes. Sans oublier cependant, ces compromis « honnêtes » qui rendent possible la collaboration ou la réconciliation, et qui ne sont pas à confondre avec ces compromis qui trahissent un manque de courage ou une perte de valeurs intangibles ;

Etre juste, c’est aussi permettre l’épanouissement du prochain et sa mise en valeur, en repoussant l’envie et la jalousie qui peuvent être un frein pour son progrès matériel et/ou spirituel. C’est éviter toute condamnation ;

La justice implique d’autre part une attitude à l’égard de l’Autre par excellence, à l’égard de Dieu. L’accepter comme Créateur et Libérateur. En effet, il s’appelle, non sans raison, l’Emmanuel, Dieu « avec » nous. Etre juste devant lui c’est se reconnaître dépendant de lui, c’est aimer et faire sa volonté, lui, qui veut notre bonheur et le bonheur de nos frères ;

Mais, la justice ne se limite pas aux seules personnes. Elle s’étend aux biens matériels possédés par ces dernières. Le bien d’autrui, le bien commun, le bien public. La justice respecte enfin la création : nos corps, l’air que nous respirons, la nature qui nous entoure et ce que le pape François appelle la « maison commune » (le monde) ;

Finalement, la justice, la vraie, veut son propre dépassement parce qu’elle va au-delà de la justice humaine pour s’ajuster à celle de Dieu. Non seulement elle respecte les droits et les biens des autres, et elle évite de juger ces derniers, mais aussi elle trouve son accomplissement dans la charité. L’homme juste veut positivement le bonheur des autres. Il s’en réjouit et, si possible, il le favorise et y collabore. Oui, Dieu veut notre bonheur, et c’est pour cette raison qu’il vient vers nous.

La Parole de Dieu nous invite et nous engage, chacun dans son coin et chacun selon sa vocation, à marcher sur le chemin de la justice, celle que Dieu attend de nous. Que le Christ toujours présent nous y aide. Fructueux temps de l’Avent et Joyeuse Fête de Noël à tous et à tous les vôtres !

Père Antoine DUNIA CIRUHULA